Pas de quête initiatique, pas de recherche du Dieu en soi, pas de tentative de s’élever vers Dieu ; trois pistes évitées — pour une fois… — par Éric-Emmanuel Schmitt. En revanche, il présente les questions innocentes et désarmantes d’un enfant juif en fuite dans la Belgique occupée de la Seconde guerre mondiale à un prêtre lui ayant offert asile.
Le quatrième de couverture de mon édition présente un extrait de la critique de Patrick Besson dans Marianne où
L’enfant de Noé est un livre mystique, dans le meilleur sens du terme.
Définitivement, ce roman n’est pas mystique, ni spirituel. Deux termes qui, utilisés à toutes les sauces, ne signifient plus rien si l’on ne se donne pas la peine de les redéfinir !
La critique de Laurence sur biblioblog est nettement plus pertinente, notamment ce passage :
Cet acharnement des adultes à vouloir que les enfants se raccrochent à un Dieu ne pouvait évidemment que me faire réagir.
C’est certainement parce que je n’ai pas vu les choses ainsi que ce roman m’a plu… À mon avis, les questions mises dans la bouche de l’enfant sont celles que tout adulte a le droit de (se) poser. Elles cachent sous la naïveté de l’enfant des interrogations fondamentales.
J’ai considéré immédiatement l’enfant comme une figure littéraire, au même titre que le Jésus des évangiles face aux Pharisiens ou que le prince Mychkine dans L’idiot de Dostoïevski. Peut-être est-ce là une déformation de théologien… Ainsi lu, le roman devient pédagogique : il pose pour le lecteur des questions « interdites » et y apporte des réponses valables !
Comme souvent chez Schmitt, c’est bien écrit, facile à lire sans être simpliste. Si vous n’y voyez pas l’acharnement décrit par la critique ci-dessus : un bon (petit) moment de lecture didactique en perspective !
Éric-Emmanuel Schmitt, L’enfant de Noé, Paris, Albin Michel, 2004. Ce roman est le quatrième volet du Cycle de l’invisible.